Identité de genre et spiritualité

Subir une opération chirurgicale pour changer d’apparence, changer de nom, revendiquer le droit de se marier et d’avoir des enfants avec un partenaire de même sexe ou encore se sentir libre d’avoir des rapports sexuels avec qui l’on veut… Force est de constater que la question de l’homosexualité et de la transsexualité est souvent abordée d’un point de vue organique ou idéologique, donnant l’impression qu’il suffit de changer des choses sur la forme pour mettre fin à la crise intérieure qu’éprouvent les personnes concernées. Mais est-ce suffisant pour trouver la paix recherchée ? Peut-on ainsi aborder le sujet sans considérer la dimension spirituelle de l’être humain ?

Essayons, si vous le voulez bien, d’éclairer la notion du genre sous l’angle de l’esprit.

A l’origine, avant même notre première incarnation, nous naissions sans genre particulier. Notre essence, ce que nous sommes fondamentalement, notre noyau spirituel, n’était alors qu’à l’état de germe, un germe d’esprit, recroquevillé sur lui-même, inconscient de sa propre existence.

Puis vient l’impulsion pour le germe de déployer ses potentiels endormis, de grandir et de mûrir, une impulsion qui le pousse sur un chemin d’évolution, un chemin vers la pleine conscience de soi. Pour cela, l’esprit humain encore inconscient doit vivre des expériences, car il n’y a qu’en vivant des expériences que l’on peut évoluer.

Commence alors la toute première descente du germe d’esprit vers son terrain d’expériences… la Terre ! Sur le chemin de l’incarnation, il traverse une succession de plans subtils de matière, qu’on appelle communément « l’au-delà », au sein desquels il est déjà confronté à d’innombrables influences extérieures qui stimulent et éveillent sa curiosité : des formes, des couleurs et des sons qui interpellent l’âme naissante. Grâce au libre-arbitre qui lui donne le pouvoir d’orienter ses choix, l’âme commence déjà à se mouvoir selon des aspirations propres, personnelles.

Ainsi, avant même de mettre un premier pied sur Terre, nous nous retrouvions dans l’Au-delà comme un groupe d’enfants qui entre pour la première fois dans un grand parc d’attraction. L’un ira courir vers ce manège au bout de l’allée, l’autre suivra l’odeur de la barbe-à-papa, un autre choisira d’approcher la mascotte qui déambule par là-bas, etc. Et chacun se disperse librement selon ses envies.

Nos jeunes âmes en formation se sentirent ainsi attirées par des vibrations de genre différent, révélant nos premiers choix, nos premières préférences, nos premières différences. Si l’être en devenir développe une affinité pour des vibrations majoritairement actives, il se formera masculin. C’est-à-dire que ce sont les parties actives, ou positives qui reposent en lui qui s’éveilleront en particulier. Si sa préférence va pour des vibrations passives, l’esprit deviendra féminin. Dans la nature des choses, en correspondance avec la Loi d’attraction des genres semblables, l’esprit s’incarnera en conséquence dans un corps de chair correspondant : homme ou femme, afin d’œuvrer sur Terre selon ses affinités et aspirations choisies.

Par actif et passif, ou positif et négatif, nous entendons les qualités complémentaires et opposées qui forment l’unité du genre spirituel, telles les deux pôles d’une pile, les deux états d’un interrupteur, la contraction et la décontraction, ou encore l’émission et la réception, etc. La partie passive est plus fine, plus subtile et en conséquence, plus sensible et plus intuitive. Yin. La partie active est plus dense, concrète, apte à se déployer vigoureusement. Yang.

Chacun de nous est donc « constitué » à la fois de masculin et de féminin dans différentes proportions. Cependant, la dominante déterminera le genre de notre incarnation. Au cours de notre existence, mais aussi d’incarnation en incarnation, ce rapport peut évoluer. Il est possible qu’un être se soit déjà incarné en tant que femme et aussi en tant qu’homme. Cependant, la résolution première ne peut jamais disparaître. C’est elle qui détermine notre genre spirituel fondamental.

« Ce qui est décisif et fondamental pour l’existence entière de l’être humain est la résolution première du germe d’esprit, encore que celle-ci ne soit à vrai dire pas consciente et ne réside que dans une impulsion intérieure naissante ! […] C’est ainsi que, là également, s’accomplit dès le début le don prévu pour le genre spirituel, ce don unique et définitif de la libre résolution nommée libre arbitre. » Abdruschin – Dans la Lumière de la Vérité

« L’édification spirituelle et l’épanouissement individuel reposent sur le respect total de l’état d’origine, c’est-à-dire le respect de l’option de départ, positive ou négative. C’est une base qui fournit le soutien pour l’existence entière et le devenir de chacun. » Salem Yahi – Sexualité et spiritualité

Lorsqu’un être humain ne répond pas au mandat d’incarnation correspondant au genre qu’il a choisi, autrement dit, s’il suit un chemin contraire à la vibration naturelle de son genre initial, il peut alors être contraint d’expérimenter une dissociation entre son genre fondamental et son enveloppe physique. Par exemple, une femme qui envie les hommes, qui regrette de ne pas être un homme, qui se comporte comme un homme ou encore qui n’honore pas les qualités féminines qu’elle avait choisi de développer, peut, lors d’une prochaine existence, se réincarner dans un corps masculin. Son identité profonde reste féminine mais sons corps, lui, est celui d’un homme, ou bien s’en rapproche.

Le phénomène de l’incarnation de l’âme s’inscrit toujours dans le cadre des Lois Naturelles de la Création et ne répond jamais du hasard. La Loi Spirituelle de l’Attraction entre notamment en jeu ici. Un seul article ne suffirait pas pour expliquer et comprendre les mécanismes à l’œuvre dans ce processus. Je peux cependant recommander la lecture du livre Sexualité et Spiritualité de Salem Yahi – et en particulier les chapitres « Les aspects et l’origine de l’homosexualité » et « La mutation transsexuelle » – dont voici un court extrait :

« L’origine de la transsexualité, tout comme celle de l’homosexualité évoquée précédemment, se trouve étroitement reliée au monde des formes pensées qui ont pris naissance sur Terre. L’individu qui ressent une envie de « goûter » à une vibration contraire à son genre, et qui finit par la suivre, crée une accoutumance qui peut devenir un penchant.

Sa liberté intérieure se réduit au fur et à mesure que son libre arbitre est enchaîné par ce penchant. Il se voit alors contraint d’endurer les conséquences de ses choix opposés à son option spirituelle de départ. Cependant, cette option ne peut jamais disparaître. Elle est, en fait, tenue d’exister à travers n’importe quelle enveloppe subtile ou physique. Ainsi, un esprit féminin incarné dans un corps masculin sera poussé à manifester sa condition féminine. Un esprit masculin incarné dans un corps féminin sera, lui aussi, contraint d’extérioriser sa véritable nature.

Concrètement une femme qui, par ses pensées et son attitude, adopte graduellement certaines caractéristiques masculines risque fort, au cours d’une autre vie terrestre, de se retrouver soit incarnée dans un corps féminin densifié et stérile, soit dans un corps masculin marqué par un comportement homosexuel. Inversement, un homme qui, par ses pensées et son attitude, adopte graduellement certaines caractéristiques féminines se retrouvera, dans une autre vie terrestre, incarné soit dans un corps masculin efféminé, soit dans un corps féminin marqué par un comportement lesbien.

[…] Il est nécessaire de répéter ce qu’est la véritable nature de l’être humain dont l’esprit constitue le noyau vivant. L’esprit est l’acteur principal, dans un costume de chair et de sang, sur la scène terrestre. Il n’est ni le cerveau ni un produit de celui-ci. […]

C’est pourquoi, mesurer les manifestations de la vie de l’homme sur la seule base de normes strictement intellectuelles limite la compréhension de ce qui le touche. En réalité, le corps physique, bien que très important, joue ici un rôle temporaire et secondaire. Il n’est pas l’homme lui-même. Il n’est pas son « moi » tout entier. C’est un instrument qu’il se choisit, ou qu’il doit revêtir en conséquence de ses choix antérieurs. »

Quoiqu’il en soit, ce qu’un être humain est amené à expérimenter dans une existence est toujours parfaitement adapté à ce qui doit lui permettre de mûrir et d’évoluer spirituellement.

Quant à savoir quelles sont les prises de conscience, les expériences et les leçons à tirer, mais aussi la raison d’être ou la mission de ces êtres qui s’incarnent dans un corps différent de leur genre, eux seuls peuvent le découvrir et en témoigner.

Beaucoup connaissent Isabelle Padovani, devenue Issâ Padovani, qui s’est engagée depuis de nombreuses années sur un chemin spirituel. En particulier un chemin de connaissance de soi, d’amour de soi et de l’autre. J’ai été touché par son témoignage rare et son expérience singulière suffit pour me donner l’élan de le partager. Je crois qu’il peut toucher positivement beaucoup de personnes concernées par le sujet, et nous donner à tous l’occasion d’évoluer ensemble dans la compréhension et le respect de nos singularités et différences. Nous sommes ici pour apprendre à nous aimer, alors merci à tous ceux qui, comme Issâ, contribuent à plus de conscience et à un meilleur vivre ensemble.

Partager :

Facebook
Twitter
Pinterest
LinkedIn

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Autres publications
Retour haut de page